Le 29-06-2007 • Pays : Australie
C’est un endroit très spécial puisqu’il se situe au 4ème sous sol d’un parking souterrain. Le Car Market est un lieu humide, froid, sombre où se mêlent bon nombre de routards et d’aventuriers en tout genre ayant fait un long périple.
Ils portent souvent la barbe, la dégaine et l’attitude du baroudeur et sont tous désireux d’en finir au plus vite avec la vente de leur véhicule pour voguer vers d’autres horizons.
Nous ne faisons pas exception à la règle avec notre long parcours mêlant aventure, découverte, joie, peine, frustration et surtout adrénaline…
Les propriétaires du Car Market sont solidaires, ils passent des journées interminables ensemble (de 9h à 17h non stop) ne voyant souvent personne, aucun acheteur ni même un renseignement ce qui est très frustrant.
On se sert donc les coudes comme une communauté, on passe le temps, on discute, on déconne, on se raconte nos histoires, on mange et on boit ensemble. Il faut dire que la tradition ici est de payer un grand pack de bières lorsqu’on vend son véhicule et il y a 2/3 ventes/jour en moyenne.
On dénombre une trentaine de véhicules soit près de 50 acheteurs qui se relaient ici. Et on retrouve souvent des regroupements par pays d’origine, nous avons la chance d’avoir en même temps que nous 2 couples de français très sympas qui vivent la même galère.
On se soutient, on se donne des conseils, des tuyaux sur les véhicules, sur les acheteurs, sur les prix.
Il arrive fréquemment qu’un prix de vente se divise par 3 en quelques jours car le temps passé à rester sur place à ne rien faire coûte de l’argent (il nous payer un logement et la nourriture) et surtout dépend souvent d’une date de vol réservé à l’avance.
De ce fait, de nombreux véhicules sont abandonnés à l’aéroport faute d’acheteurs.
L’acheteur potentiel lui, c’est un bleu comme nous l’étions. Il ne sait pas bien où aller, quoi faire, combien de temps rester. Il a souvent très peu d’expérience en mécanique et écoute bon nombre d’arguments avant de se décider…
Le coup de foudre pour un véhicule existe souvent commandé par une attirance esthétique et pas forcément logique.
Nous sommes aujourd’hui vendredi et depuis notre arrivée mardi soir il ne se passe rien ou pas grand-chose. C’est en effet une mauvaise période pour vendre puisqu’on arrive en pleine saison d’hiver et les arrivées de voyageurs sont peu nombreuses.
Je peaufine mon argumentaire pour venter les atouts de notre van : « c’est un van 4x4 ce qui est rare et très utile avec CD laser et branchement ipod, il possède tout le matériel et le confort de voyageurs en herbe ».
Ce discours, je l’ai tenu plusieurs fois mais c’est vrai que la plupart d’entre nous, passé une semaine à attendre, ne se lèvent même plus de leur chaise pour aller discuter par pessimisme et manque de motivation.
Mais pas moi, pas encore ! Persuadé que notre malchance de ces derniers jours ne peut durer davantage, je me démène autant que possible pour courtiser et motiver le moindre curieux.
Rappelons que le précédent propriétaire de notre van avait mis presque 2 semaines pour nous le vendre et avait du baisser son prix de 4200 à 3250$.
J’affiche le prix à 3900$ mais je ne le baisse pas, il est encore trop tôt.
Je vous laisse un couple d’allemand s’approchent, intrigués…