Nous arrivons donc enfin à destination en milieu d’après midi, la maison est située dans une petite rue escarpée difficile d’accès que nous n’aurions jamais retrouvé seuls avec le peu d’explication que nous disposons.
Nous nous garons le long de la maison avec nos deux voitures lorsqu’une personne dynamique d’une soixantaine d’années vient à notre rencontre d‘un pas décidé : c’est elle ! C’est Arlette…

Avec une gouaille qui nous séduit tout de suite, un bon tempérament et un accent martiniquais très amusant, Arlette se présente à nous et nous invite à faire le tour du propriétaire une fois les bagages sortis de la voiture.
Sa maison est immense, elle dispose de 3 chambres meublées destinées à la location ce qui lui permet un complément de revenu non négligeable. Elle en parle d’ailleurs sans pudeur, nous explique qu’elle vit plutôt bien désormais et que cette présence permanente des occupants lui est nécessaire.
Notre appartement est un immense F4 situé à l’arrière de la maison coté océan atlantique. Notre habitation est vraiment gigantesque avec une vue magnifique sur la forêt tropicale, l’océan et les hauteurs de la capitale.
Ce qui marque le plus se sont les sons, le bruit des oiseaux et des animaux vivant à quelques centaines de mètres dans la végétation limitrophe.
Nous prenons aussitôt une douche bien fraiche puis nous installons en terrasse en compagnie de Carole et de son ami. Arlette nous invite ensuite chez elle à l’étage pour prendre tous ensemble l’apéritif ce que nous acceptons avec plaisir.
Son accueil est excellent et elle nous traite presque comme des membres de sa famille ! Elle nous propose le traditionnel Ti’ punch, un jus de fruit frais de goyave et les fameux accras de morue qui sont une sorte de petits beignets fris, tous ces ingrédients sont la base de l’apéritif martiniquais.

Arlette est douée d’une énergie incroyable et d’une vision très réaliste des martiniquais, de leur histoire, de leur développement et de leur quotidien. Elle nous parle de sa famille, de ses enfants, petits enfants et de la difficulté de les voir tous ensemble malgré l’immense avantage de pouvoir tous les inviter en même temps dans sa grande maison.
Nous abordons des conversations courtoises, générales puis beaucoup plus intéressantes sur les coutumes de l’ile et de la mentalité de ses habitants. Arlette nous apporte des réflexions intéressantes sur l’évolution du peuple martiniquais, le climat politique, la manière de vivre sur cette île magique.
Son compagnon nous écoute alors amusé, il parle peu, est passionné de football qu’il regarde sans interruption sur le câble.
Les minutes défilent avec plaisir mais il est temps pour nous de prendre congé de notre hôte car il se fait tard et nous sommes déjà bien fatigués. Carole nous propose alors une virée aux 3 ilets, la ville touristique de l’île où se passent la majorité des soirées et événements en tout genre située au sud de l‘ile. Nous acceptons après un brin d’hésitation en rassemblant nos dernières forces.
Nous luttons sur la route pour rester éveiller et suivre la petite clio de Carole filant dans la pénombre à vive allure.
Après 30 minutes de poursuite nocturne, nous atteignons le fameux site des 3 îlets qui est le repaire des « métros ». En effet, le niveau de confort est plus important que partout ailleurs avec de nombreux restaurants et bars de nuit fermant plus tard que la moyenne.
Nous entamons une ballade au bord du port et prenons notre premier repas sur l’île à une des nombreuses terrasses colorées de la ville. Pas de grands plats au menu ni de tarif intéressant, nous sommes ici dans la Mecque du tourisme.
Le responsable sans grande surprise est un français comme beaucoup de restaurateur ici sauf que celui-ci à sacrifié la bonne cuisine au profit de plats communs sans grand intérêt.
Nous faisons alors plus amples connaissances avec Nicolas, le petit ami de Carole qui se trouve être réservé, distant au premier abord, un brin philosophe mais ouvert à différents sujets de discussion.



Quelques minutes plus tard, après l’addition salée et une petite marche digestive, nous reprenons la route arrhasses de fatigue.
Nous abordons le retour avec une légère appréhension car la route reste peu éclairée et mal indiquée mais finalement tout se passe bien mise à part certains chauffards inconscients conduisant comme des bolides imitant les courses poursuites de «fast and furious».
Rentrés à notre maison après une recherche rocambolesque de notre rue au milieu de la montagne, nous avons hâte de tester le matelas de notre chambre.
Le grand lit avec moustiquaire nous convient parfaitement et nous nous endormons comme des bébés bercés par le bruit de la faune extérieure.